Aller au contenu

  • Berlin, l’insaisissable !

    Il existe peu de villes où la liberté se ressent avec autant d’évidence.

    Non pas parce qu’elle est revendiquée.

    Mais parce qu’elle semble avoir été conquise.

    Berlin ne cherche pas à faire oublier son histoire. Elle vit avec. Le Mur, les mémoriaux, les immeubles marqués par les décennies, les terrains laissés vides… tout rappelle qu’ici, la liberté n’a jamais été acquise.

    Et pourtant, ce qui frappe le plus, ce n’est pas son passé.

    C’est la manière dont les Berlinois ont choisi de vivre avec lui.

    Je pensais connaître Berlin.

    J’y étais déjà venue quelques années plus tôt et, comme beaucoup, j’étais tombée sous le charme de son énergie brute, de ses immenses fresques, de ses anciennes friches industrielles et de cette impression que la ville refusait de rentrer dans les cases.

    J’avais simplement commencé à la découvrir.

    Et, contre toute attente, je me suis surprise à penser quelque chose que je n’aurais jamais imaginé écrire après mon premier séjour.

    Berlin est élégante.

    Je vous vois déjà lever un sourcil.

    Moi aussi.

    Parce que, soyons honnêtes, quand on pense à Berlin, on imagine plus facilement des Birkenstock portées avec des chaussettes qu’une leçon d’élégance.

    Et pourtant…

    L’élégance berlinoise n’a rien à voir avec des talons ou des costumes impeccables. Elle tient à cette liberté d’être soi, sans jamais chercher à impressionner.

    J’ai commencé à comprendre pourquoi dès mes premières heures à Mitte.

    S’il y a un endroit qui résume cette élégance berlinoise, c’est Auguststraße.

    J’y passe des heures sans regarder l’heure.

    Une galerie derrière une porte cochère. Un café caché dans une cour intérieure. Une librairie découverte au dernier moment. Il suffit souvent de pousser une porte pour tomber sur quelque chose d’inattendu.

    Située dans Mitte, le cœur historique de Berlin, Auguststraße raconte à elle seule une partie de la métamorphose de la ville. Longtemps marquée par la division entre l’Est et l’Ouest, elle est devenue l’une des rues les plus influentes de la scène artistique berlinoise. Derrière ses façades discrètes se cachent certaines des galeries les plus réputées d’Europe. À quelques minutes de marche, Fotografiska consacre plusieurs étages à la photographie contemporaine tandis que la galerie König a installé l’art contemporain dans l’ancienne église Saint Agnes.

    À quelques minutes de là, les Hackesche Höfe racontent un autre visage de Mitte. Construites au début du XXᵉ siècle, ces huit cours Art nouveau mêlaient déjà logements, ateliers et commerces. Aujourd’hui, on passe de l’une à l’autre comme dans un petit village caché, entre cafés, créateurs et boutiques indépendantes.

    J’aime tout autant flâner sur Rosenthaler Straße, qui longe les Hackesche Höfe.

    S’il y a un endroit où mon mari sait qu’il va devoir patienter, c’est bien ici. Je m’arrête devant presque chaque concept store. Les sélections sont pointues sans être intimidantes. On y découvre de jeunes marques, du design, de la papeterie, de la décoration… Le genre de boutiques qui donnent envie de refaire entièrement son intérieur alors qu’on était simplement sortie chercher une glace.

    C’est aussi ici que mes enfants ont décrété avoir trouvé la meilleure glace de Berlin. Enfin… du monde, si j’en crois leur enthousiasme.

    Trois passages chez Canal en quelques jours.

    J’aimerais vous dire que nous revenions admirer les Hackesche Höfe.

    La vérité est beaucoup moins glorieuse.

    Nous revenions surtout pour cette glace.

    Et je dois reconnaître qu’ils avaient peut-être raison.

    C’est également dans ce quartier que nous sommes entrés presque par hasard à la Biennale de Berlin. Nous pensions simplement visiter une exposition. Nous avons finalement terminé la soirée un verre à la main, dans le bar installé au cœur du lieu, au milieu d’un événement que nous n’avions absolument pas prévu.

    Quelques stations plus loin, un autre Berlin apparaît : Kreuzberg.

    Si Mitte raconte le renouveau culturel de la ville, Kreuzberg en raconte sans doute l’âme la plus libre.

    Longtemps adossé au Mur, le quartier est devenu, dès les années 1970, un refuge pour les étudiants, les artistes, les musiciens, les militants et une importante communauté turque. Bien avant que la diversité ne devienne un argument marketing, elle faisait déjà partie de son identité.

    C’est ce qui rend Bergmannstraße et Graefestraße si agréables.

    On n’y vient pas pour cocher une liste d’adresses.

    On y vient pour vivre Berlin.

    Les cafés débordent sur les trottoirs, les librairies indépendantes côtoient les concept stores, les boulangeries artisanales voisinent avec des restaurants venus des quatre coins du monde. Puis, sans vraiment s’en rendre compte, on finit au bord du Landwehrkanal, où les Berlinois se retrouvent dès que le soleil apparaît.

    À Berlin, les quartiers vivent d’abord pour ceux qui les habitent. C’est sans doute ce qui les rend si attachants.

    Après la chute du Mur, il fallait réinventer une ville coupée en deux.

    Les Berlinois auraient pu effacer les traces du passé.

    Ils ont choisi de construire avec lui.

    Je repars avec l’impression que Berlin ne s’est pas encore complètement laissée découvrir.

    Et c’est peut-être ce qui donne envie d’y revenir.

    22 juillet 2026

  • Venise. Comme suspendue.

    Il existe des villes qui se réinventent sans cesse.

    Tous les six mois, un nouveau quartier devient incontournable. Les cafés changent de nom, les restaurants se succèdent, les adresses à la mode remplacent celles de l’année précédente. On y revient avec la sensation que tout a changé.

    Puis il y a Venise.

    Une ville qui semble avoir fait un autre choix.

    Celui de continuer à raconter son histoire.

    À l’heure où tant de destinations rivalisent de nouveautés, Venise avance à son propre rythme. Elle évolue, bien sûr. Les habitants parlent du tourisme de masse, du coût de la vie, des jeunes qui quittent le centre historique. Mais son identité, elle, semble avoir résisté au temps.

    C’était ma deuxième visite.

    La première fois, j’étais repartie fascinée. Cette fois, j’avais surtout envie de retrouver cette ville qui m’avait tant marquée. Et de la faire découvrir à mes garçons.

    Leur programme était étonnamment simple : manger des glaces, comparer les pizzas, monter et redescendre tous les ponts possibles et traverser les canaux dès qu’ils apercevaient une gondole.

    Finalement, ils avaient peut-être tout compris.

    Quelques jours avant notre départ, une amie me racontait ses vacances avec son ex-mari. Chaque journée ressemblait à une course contre la montre. Un musée, deux monuments, trois restaurants recommandés, un coucher de soleil à ne surtout pas manquer… Le soir, toute la famille était épuisée.

    J’y ai repensé en regardant mes enfants courir d’un pont à l’autre.

    Ils n’avaient aucune idée de l’endroit où nous étions censés aller ensuite.

    Et ils semblaient parfaitement heureux.

    Je ne suis pourtant pas de ceux qui pensent qu’il faut éviter les lieux célèbres. Bien au contraire.

    Si la place Saint-Marc attire autant de voyageurs, c’est sans doute parce qu’elle le mérite.

    La basilique aussi.

    Je me souviens encore de ce moment où j’ai levé les yeux vers ses mosaïques. Une nouvelle fois, la beauté m’a donné envie de pleurer. Certaines œuvres impressionnent. D’autres vous saisissent sans prévenir. Saint-Marc fait partie de celles que l’on emporte avec soi bien après le retour.

    Le Palais des Doges mérite le même respect. Derrière ses façades gothiques se cache bien plus qu’un palais : le cœur de la République de Venise. Pendant plus de mille ans, la Sérénissime fut l’une des plus grandes puissances maritimes du monde. Ses marchands naviguaient jusqu’à Constantinople, ses navires dominaient la Méditerranée et ses artistes faisaient rayonner la ville bien au-delà de la lagune.

    C’est aussi cela qui rend Venise si singulière.

    On ne visite pas seulement une ville.

    On marche dans une histoire qui continue d’habiter les pierres.

    Puis il suffit de s’éloigner de quelques rues.

    Au-delà de la fascination

    La foule disparaît presque sans prévenir.

    À Campo Santa Maria Formosa, les conversations remplacent peu à peu le bruit des roulettes de valises. Plus loin, Cannaregio retrouve son rythme de quartier. Les enfants jouent, les habitants rentrent leurs courses, les touristes deviennent moins nombreux.

    C’est là que j’ai retrouvé la Venise que j’étais venue chercher.

    Derrière les murs de Combo Venezia, un ancien monastère transformé en hôtel, café et lieu culturel, des étudiants travaillent dans le cloître pendant que quelques voyageurs lisent ou prennent un verre. Rien d’extraordinaire.

    Justement.

    J’aime ces endroits qui n’essaient pas de devenir des attractions.

    Ils vivent.

    Comme la ville.

    En poursuivant la promenade, impossible de résister à la Libreria Acqua Alta. Des livres empilés dans des gondoles, des chats qui semblent avoir été nommés responsables des lieux, quelques marches fabriquées avec d’anciens ouvrages… On pourrait facilement trouver l’ensemble un peu théâtral. Et pourtant, le charme opère.

    En fin de journée, nous rejoignons le Squero di San Trovaso, l’un des derniers ateliers où les gondoles sont encore fabriquées et restaurées à la main. Juste en face, au Cantinone già Schiavi, les cicchetti défilent sur le comptoir pendant que les Vénitiens refont le monde autour d’un spritz.

    Nous nous sommes installés au bord du canal.

    Les garçons observaient les gondoles.

    Moi, j’observais les garçons.

    Je me suis dit que les plus beaux souvenirs de ce voyage ne seraient peut-être ni la basilique Saint-Marc, ni le Palais des Doges.

    Mais cette fin d’après-midi où personne ne regardait sa montre.

    C’est peut-être ça, finalement, le plus grand luxe de Venise.

    Non pas de nous faire remonter le temps.

    Mais de nous donner, l’espace de quelques jours, l’impression qu’il ralentit.

    Dormir dans un palais… ou un ancien monastère

    Nani Mocenigo Palace
    Un palais du XVIᵉ siècle transformé en hôtel de charme. Fresques, jardin intérieur, calme absolu et un emplacement idéal dans le quartier de Dorsoduro. Une façon de prolonger l’impression de dormir dans l’histoire de Venise, sans sacrifier le confort.

    Combo Venezia
    Plus qu’un hôtel, un lieu de vie. Installé dans un ancien monastère, Combo réunit café, restaurant, programmation culturelle et chambres au design sobre. Même sans y passer la nuit, poussez la porte du cloître.

    Ca Maria Adele
    Quelques chambres seulement, une décoration raffinée et l’une des plus belles vues sur la basilique Santa Maria della Salute. Une adresse intime pour un séjour à deux.


    Les plus belles parenthèses gourmandes

    Cantina Do Spade
    L’une des plus anciennes tavernes de Venise. Des cicchetti généreux, une clientèle mêlant habitants et voyageurs et une atmosphère qui n’a pas besoin d’être réinventée pour séduire.

    Cantinone già Schiavi
    L’adresse parfaite pour un spritz accompagné de quelques cicchetti, à déguster face au Squero di San Trovaso.

    Osteria Anice Stellato
    Une cuisine vénitienne contemporaine, discrète et précise, dans le quartier de Cannaregio.

    Torrefazione Cannaregio
    Pour une vraie pause café loin des grandes places.


    Flâner autrement

    Cannaregio
    Le quartier où Venise retrouve un rythme plus quotidien. On y marche sans objectif précis, simplement pour observer la ville vivre.

    Campo Santa Maria Formosa
    Une belle transition entre les incontournables et une Venise plus paisible.

    Fondamenta della Misericordia
    Le soir, les terrasses se remplissent d’étudiants, d’habitués et de familles. L’une des plus jolies façons de terminer la journée.


    Les portes qu’il faut pousser

    Libreria Acqua Alta
    Une librairie devenue culte où les livres cohabitent avec les gondoles, les baignoires et quelques chats particulièrement à l’aise.

    Fondazione Querini Stampalia
    Un palais encore habité par l’art contemporain, avec un jardin dessiné par Carlo Scarpa. Une halte souvent oubliée des visiteurs.

    Scala Contarini del Bovolo
    Un escalier en colimaçon offrant l’une des plus belles vues sur les toits de Venise.


    Quelques détours

    Murano
    Bien plus qu’une île où acheter du verre. Plusieurs ateliers ouvrent leurs portes et permettent d’observer les souffleurs à l’œuvre.

    Burano
    Ses maisons colorées attirent les photographes, mais l’île mérite surtout qu’on y déjeune tranquillement avant le départ des groupes.

    Torcello
    Quelques habitants seulement, une basilique exceptionnelle et une atmosphère presque hors du temps.


    L’expérience Maison Chill

    Offrez-vous le canal de la Giudecca.
    Si je ne devais garder qu’un paysage de Venise, ce serait peut-être celui-là.

    Installez-vous sur les quais des Zattere ou traversez jusqu’à la Giudecca. Devant vous, les façades de Dorsoduro, les coupoles de Santa Maria della Salute, les palais qui semblent émerger de l’eau et les vaporetti qui glissent lentement composent un panorama qui change à chaque minute.

    Le matin, la lumière est d’une incroyable netteté. En fin de journée, elle devient dorée et enveloppe les palais d’une douceur presque irréelle.

    Lorsque la brume s’invite sur la lagune, les silhouettes s’effacent, les clochers apparaissent comme des mirages et Venise semble flotter entre ciel et eau. C’est un spectacle discret, mais inoubliable.

    Prenez le temps de vous asseoir quelques minutes. Sans appareil photo. Sans chercher la photo parfaite. Regardez simplement les reflets glisser sur l’eau, les bateaux traverser le canal et la lumière transformer peu à peu les façades. À Venise, l’eau n’est pas un décor : c’est elle qui met la ville en scène.

    14 juillet 2026

  • Mon obsession pour le lin

    Je ne sais plus exactement quand cela a commencé. Probablement avec une housse de couette. Puis une deuxième. Puis une troisième.

    Aujourd’hui, j’en possède dans presque toutes les couleurs imaginables et je suis capable de consacrer une partie d’un voyage à chercher du linge de lit. Je sais, cela paraît légèrement excessif. Pourtant, je continue, c’est plus fort que moi.

    J’aime les chaussures. J’aime les sacs. J’aime les beaux objets, les lampes bien dessinées et les fauteuils que l’on repère immédiatement en entrant dans une pièce. Mais s’il fallait être honnête, peu de choses me procurent autant de satisfaction qu’une nouvelle housse de couette en lin. En l’écrivant, je réalise que cette phrase pourrait inquiéter certaines personnes.

    De toutes les matières

    Le lin possède quelque chose que je retrouve rarement ailleurs : il réussit à être luxueux sans être ostentatoire, sophistiqué sans être formel, minimaliste sans être froid. Et surtout, il n’a pas besoin d’être impeccable pour être beau. Je crois que c’est ce que j’aime le plus chez lui.

    Ces dernières années, j’en ai acheté chez La Redoute, chez Merci à Paris et, plus récemment, à Malmö. Je suis d’ailleurs rentrée de Suède avec un bagage supplémentaire dont le contenu était infiniment moins raisonnable qu’il ne devrait l’être. À ma décharge, les Scandinaves savent exactement comment me faire perdre tout sens de la mesure lorsqu’il s’agit de linge de maison et d’objets design.

    Si le lin apparaît aussi souvent dans les plus beaux hôtels, les maisons méditerranéennes ou les intérieurs scandinaves, ce n’est pas parce qu’il est tendance. C’est parce qu’il crée instantanément une atmosphère. Une chambre paraît plus calme, un canapé plus accueillant, une table dressée moins rigide. Peu de matières ont ce pouvoir.

    Contrairement à beaucoup d’achats déco dont on se lasse rapidement, le lin semble gagner en intérêt avec le temps. Il se froisse, s’assouplit et se patine. Là où certains tissus cherchent à conserver leur aspect d’origine, le lin devient souvent plus intéressant à mesure qu’il est utilisé.

    Soft Power

    Chez moi, il est partout. Sur mon lit, sur celui des enfants, sur quelques coussins disséminés dans la maison et sur cette très belle nappe que je sors beaucoup moins souvent que je ne le devrais. Dans notre maison de vacances, j’ai même choisi un canapé en lin. Sans hésiter une seconde.

    À force d’en acheter, je me suis demandé si ce que j’aimais dans le lin était vraiment le lin. Peut-être que j’aime son allure. Peut-être que j’aime son confort. Peut-être que je suis simplement fascinée par les choses qui réussissent à être à la fois raffinées et décontractées, les choses qui ne cherchent pas à être parfaites. Ou peut-être que j’aime simplement le fait qu’il soit incapable d’être parfaitement lisse. Finalement, je me reconnais peut-être un peu dans le lin.

    Je pourrais probablement vivre sans une nouvelle paire de chaussures, reporter l’achat d’un sac ou résister à un objet de décoration. En revanche, si je tombe sur une belle housse de couette en lin dans une couleur que je n’ai pas encore, je préfère ne prendre aucun engagement.

    Le guide Maison Chill

    Tout ce qu’il faut savoir avant d’acheter du lin

    Le lin, c’est quoi exactement ?
    Avant d’être un tissu, le lin est une plante à fleurs bleues cultivée depuis des millénaires. Les fibres extraites de sa tige sont transformées en fil puis en tissu. La France est aujourd’hui le premier producteur mondial de fibre de lin textile.

    Pourquoi l’aime-t-on autant ?
    Naturellement respirant, thermorégulateur et résistant, le lin garde une sensation de fraîcheur en été et devient plus souple à chaque lavage. C’est aussi l’une des rares matières dont les plis participent au charme plutôt qu’à l’en détourner.

    Comment reconnaître un beau lin ?
    Privilégiez un lin européen, idéalement cultivé en France, en Belgique ou en Lituanie. Le toucher compte davantage que l’épaisseur : un beau lin doit être souple, vivant et agréable dès les premiers usages.

    Où l’acheter ?
    Les adresses ci-dessous sont celles que j’utilise, que je consulte régulièrement ou que je garde dans mes favoris lorsque je cherche du beau linge de maison.

    Mes adresses françaises
    Merci (Paris)
    La Redoute Intérieurs
    Caravane

    Pour une livraison internationale
    MagicLinen
    Linen Tales
    Bed Threads
    Cultiver
    Midnatt
    Himla

    Comment l’utiliser ?
    Bien sûr dans la chambre, mais aussi sur une table, en housse de coussin ou sur un canapé. Le lin a ce talent rare de rendre un intérieur plus détendu sans lui faire perdre son élégance.

    À savoir
    Si votre linge paraît un peu rigide à l’achat, ne vous inquiétez pas. Le lin s’assouplit naturellement au fil des lavages et devient souvent plus beau après quelques années qu’au moment où on l’achète.

    24 juin 2026

  • Une soupe froide, des pêches et Barcelone

    Je me demande souvent pourquoi certaines adresses restent avec nous longtemps après le voyage.

    Pas forcément les plus belles.

    Pas les plus célèbres.

    Pas même les plus spectaculaires.

    Celles auxquelles on repense sans raison particulière plusieurs mois plus tard.

    À Barcelone, pour moi, c’est Honest Greens.

    Une chaîne de restaurants healthy qui ne paie pas de mine au premier regard, mais dont la cuisine est bien meilleure qu’on ne l’imagine.

    La première fois, j’y suis entrée pour un jus.

    Une pause rapide entre deux promenades.

    Une adresse pratique, à quelques minutes de notre Airbnb.

    Pas le genre d’endroit que l’on entoure sur une carte des semaines avant le départ.

    Pas le restaurant dont tout le monde parle.

    Pas celui pour lequel on réserve une table un mois à l’avance.

    Et pourtant, plusieurs années plus tard, j’y retourne encore et je finis souvent par le recommander aux amis qui préparent un voyage à Barcelone.

    Le plat auquel je ne m’attendais pas

    Lors d’un de ces déjeuners, j’ai commandé une soupe froide.

    Je m’attendais à un gaspacho.

    Barcelone, l’été, les tomates : cela me semblait être une évidence.

    À la place, on m’a servi un ajo blanco.

    Une recette andalouse à base d’amandes, d’huile d’olive et de pain, souvent considérée comme l’ancêtre du gaspacho.

    La version d’Honest Greens arrive dans une grande assiette blanche.

    Au centre, une soupe lisse et veloutée.

    Dessus, de fines tranches de tomates anciennes, quelques quartiers de pêche blanche, du basilic frais et une belle huile d’olive.

    C’est le genre de plat que l’on remarque immédiatement.

    Simple.

    Coloré.

    Parfaitement estival.

    Puis vient la première cuillère.

    Et soudain, tout paraît évident.

    L’élégance de la simplicité

    Nous associons souvent la bonne cuisine à la complexité.

    À la technique.

    À l’accumulation.

    Pourtant, les plats dont je me souviens le plus sont rarement les plus compliqués.

    Cet ajo blanco en est le parfait exemple.

    La douceur presque crémeuse des amandes.

    La fraîcheur des tomates.

    Le parfum délicat de la pêche.

    La rondeur de l’huile d’olive.

    Rien n’est démonstratif.

    Rien ne cherche à impressionner.

    Chaque ingrédient semble simplement être à sa place.

    Et c’est peut-être cela qui rend ce plat si réussi.

    Pourquoi Honest Greens fonctionne si bien

    Honest Greens maîtrise parfaitement les codes de son époque.

    Les cuisines ouvertes.

    Les équipes aux allures de jeunes chefs et de baristas.

    Les grandes tables en bois.

    Les plantes.

    Les assiettes colorées.

    Tout raconte une vision très contemporaine de la restauration : décontractée, esthétique et tournée vers le produit.

    À certaines heures de la journée, on y croise aussi bien des étudiants, des créatifs sur leur ordinateur, des familles barcelonaises que des voyageurs de passage.

    L’endroit est vivant.

    Énergique.

    Très Barcelone, finalement.

    Mais contrairement à beaucoup d’adresses qui misent avant tout sur leur image, la cuisine suit réellement la promesse.

    Les légumes ont du goût.

    Les jus sont frais.

    Les portions sont généreuses.

    Et les recettes donnent envie d’être commandées une deuxième fois.

    Puis une troisième.

    Le décor attire. Les assiettes font revenir.

    L’adresse que je recommande toujours

    Barcelone regorge de restaurants plus ambitieux.

    De tables plus spectaculaires.

    D’adresses plus exclusives.

    Pourtant, lorsque des amis me demandent où déjeuner entre deux visites, Honest Greens fait presque toujours partie de mes recommandations.

    Pour ses jus.

    Pour ses assiettes généreuses.

    Pour sa façon de rendre la cuisine saine vraiment désirable.

    Et pour cet ajo blanco aux tomates anciennes et aux pêches que je continue de refaire à la maison bien longtemps après être rentrée.

    Je suis entrée pour un jus.

    J’y retourne encore pour cette soupe.

    La version Maison Chill

    Ajo blanco aux tomates anciennes, pêches blanches et raisins noirs

    Le secret d’un bon ajo blanco tient autant à la qualité des amandes qu’à celle du vinaigre de Xérès. Ne négligez ni l’un ni l’autre.

    Pour 4 personnes

    Pour la soupe
    150 g d’amandes mondées
    80 g de pain de campagne légèrement rassis, croûte retirée
    1 petite gousse d’ail
    60 ml d’huile d’olive extra vierge
    2 à 3 cuillères à soupe de vinaigre de Xérès
    500 ml d’eau glacée
    Sel

    Pour le dressage
    2 à 3 tomates anciennes de différentes couleurs
    2 pêches blanches mûres mais fermes
    Une petite grappe de raisins noirs
    Quelques jeunes pousses
    Une poignée de noisettes torréfiées grossièrement concassées
    Huile d’olive extra vierge
    Fleur de sel
    Poivre noir fraîchement moulu

    Mixer les amandes, le pain, l’ail, le vinaigre de Xérès et l’eau glacée jusqu’à obtenir une texture parfaitement lisse. Ajouter l’huile d’olive en filet tout en continuant de mixer. Saler puis réserver au réfrigérateur pendant au moins deux heures.

    Verser la soupe dans des assiettes creuses bien froides. Répartir les tranches de tomates anciennes, les quartiers de pêche, les raisins noirs coupés en deux, les jeunes pousses et les noisettes torréfiées. Terminer avec un généreux filet d’huile d’olive, une pincée de fleur de sel et quelques tours de moulin à poivre.

    19 juin 2026

  • La musique comme refuge

    La musique a toujours été là. Pas comme un décor, mais comme une présence.

    Je me revois enfant, assise à côté de mon père, fascinée par un vinyle qui tourne sur un mange-disque orange. Ce léger grésillement avant que le son n’arrive, ce moment suspendu, presque plus important que la musique elle-même. Déjà, quelque chose se jouait dans l’attente, dans la perception.

    Très tôt, j’ai compris, sans encore pouvoir le formuler, que la musique n’était pas une seule langue. Elle était une manière d’habiter le monde.


    Ce qui vient avant

    Dans ma famille, la musique n’a jamais été une pratique isolée. Elle faisait partie du vivant. Les femmes et les hommes chantaient, jouaient, transmettaient, le bendir, la flûte, les voix qui se répondent. Des chants anciens, presque comme ceux des griots, porteurs d’histoire, de mémoire, de traditions.

    Je revois les corps en mouvement lors des mariages, des baptêmes, mes grands-pères danser et chanter. La musique ne s’écoutait pas, elle se vivait. C’est sans doute là que tout s’est joué.

    Sans que je le formule encore, elle devenait une grille de lecture. C’est elle qui m’a menée vers le journalisme musical, avant d’élargir vers la culture, puis le lifestyle et la mode.


    Avant de nommer

    Avant même de choisir, j’écoutais.

    Les voix de Oum Kalthoum, Farid El Atrache, Abdel Halim Hafez s’installaient dans l’espace avec une profondeur presque architecturale. Puis Georges Brassens et Jacques Brel, une autre manière de dire, plus directe, plus incarnée dans les mots.

    Et entre les deux, cette musique du quotidien, celle qu’on ne choisit pas mais qui nous traverse, à la radio, à la télévision, dans les lieux les plus ordinaires.


    Ce qui circule

    Avec le temps, mon écoute s’est élargie. Certaines musiques m’ont toujours touchée de manière immédiate, presque instinctive, comme si elles parlaient directement à quelque chose de plus profond.

    La musique chinoise, brésilienne, malienne, italienne, notamment cette pop italienne aux mélodies intemporelles, la musique libanaise, égyptienne bien sûr. Des langues différentes, des rythmes différents, mais une même capacité à atteindre l’essentiel.

    Et pourtant, beaucoup des artistes qui m’ont marquée restent américains, et souvent afro-américains, parce qu’il y a là une intensité, une manière de transformer l’expérience en musique qui m’a toujours profondément touchée.


    Les seuils

    Enfant, Michael Jackson a été l’une de ces évidences. Billie Jean, puis Thriller, vu en direct. À ce moment-là, la musique dépassait le son pour devenir image, mouvement et phénomène.

    Plus tard, d’autres figures se sont imposées : Prince, D’Angelo,Bilal, J Dilla… une autre écriture, plus intérieure, plus libre.


    L’expression physique

    La musique a aussi été physique. Le hip-hop, avec Grandmaster Flash, le breakdance, cette manière d’habiter le corps autrement.

    Et puis certaines énergies comme AC/DC pour son intensité brute, The Police et The Beach Boys pour une joie instantanée presque solaire.

    Plus tard, à l’université, la nuit s’est imposée comme un autre territoire. La house, le garage, la techno, avec des DJ comme Laurent Garnier, et par la suite Moodymann ou Theo Parrish, qui nous emmenaient jusqu’au petit matin.


    Ce qui demeure

    Le jazz s’est installé autrement, presque naturellement. Miles Davis, Charlie Parker, Sarah Vaughan sont devenus un espace intérieur, une forme d’équilibre.

    Et puis Louis Armstrong. Je ne saurais pas dire quand je l’ai entendu pour la première fois, mais sa voix s’est imposée immédiatement. Une chaleur, une humanité, une manière de transmettre l’émotion comme une caresse.

    La neo soul s’est ensuite imposée avec la même évidence. D’Angelo, Erykah Badu, Maxwell et leurs sons plus organiques, plus habités, sans doute ce qui me transporte le plus.

    Avec le temps, certains musiciens que j’écoutais sont devenus des visages, puis des présences. Des artistes que j’ai eu la chance de rencontrer, de côtoyer, parfois de compter parmi mes proches comme Rachid Taha, Roy Hargrove, Renée Neuville et d’autres. Ce que j’admire chez eux dépasse le talent : c’est leur manière d’habiter la musique.


    Aller plus loin

    J’ai toujours cherché, écouté, creusé.

    Les noms que je cite sont connus. Mais mon écoute s’est construite ailleurs aussi, dans des scènes plus confidentielles, des productions moins exposées, là où le son se pense autrement.

    Des artistes comme Madlib, Floating Points, Theo Parrish, Nujabes, mais aussi Shabaka Hutchings, Yussef Dayes, Robert Glasper ou Kamaal Williams.

    Une écoute plus exigeante, presque une manière d’apprendre à entendre autrement.


    Ce qui échappe aux mots

    Avec le temps, j’ai compris que ce que je ressentais n’était pas seulement intuitif. La musique agit réellement. Elle active des zones du cerveau liées à l’émotion et à la mémoire, ce qui explique pourquoi un morceau peut faire remonter instantanément une sensation entière. Elle influence le rythme cardiaque, la respiration, le stress.

    Mais au-delà de ces mécanismes, quelque chose reste insaisissable. Parce qu’elle ne passe pas par le langage, elle touche directement ce qui, en nous, reste souvent inaccessible. Une zone plus silencieuse, plus profonde, presque spirituelle.

    La musique ne dit pas. Elle révèle ce que l’on n’arrive pas toujours à nommer,
    mais que l’on reconnaît immédiatement..


    Playlist Maison Chill

    Oum Kalthoum — Enta Omri
    Une écoute longue, presque méditative. Idéale pour ralentir, s’installer, et entrer dans une autre temporalité.

    Louis Armstrong — What a Wonderful World
    Une voix qui apaise immédiatement. À écouter dans les moments de flottement, pour revenir à quelque chose de simple et essentiel.

    Michael Jackson — Billie Jean
    Une énergie précise, presque hypnotique. Parfait pour retrouver une forme de concentration et de présence.

    D’Angelo — Untitled (How Does It Feel)
    Une matière lente, enveloppante. À écouter quand on a besoin de se reconnecter à ses sensations.

    Floating Points — Silhouettes
    Une construction plus contemporaine, entre jazz et électronique. Idéale pour s’isoler, réfléchir, ou simplement dériver.

    5 février 2026

  • Une autre manière de visiter Dubaï

    J’ai longtemps refusé d’aller à Dubaï.
    À cause de ses clichés, de son image impressionnante, parfois bruyante, de cette réputation sulfureuse qui semblait laisser peu de place au sensible, au juste, à l’élégance tranquille.

    Et puis, à force de la voir toujours racontée de la même façon, j’ai fini par comprendre que le problème n’était peut-être pas la ville, mais le regard que l’on pose sur elle.
    Dubaï ne se résume pas à ce qu’elle montre le plus fort.
    Elle gagne à être regardée dans ses interstices.

    Dans une ruelle ombragée d’Al Fahidi à l’heure où la chaleur retombe.
    Dans un café presque vide un matin de semaine.
    Dans le silence inattendu d’une plage avant que la ville ne se réveille vraiment.

    Lorsqu’on cesse de la consommer comme un spectacle, Dubaï devient profondément intéressante.
    Ce n’est pas une ville que l’on aime immédiatement.
    C’est une ville que l’on choisit — ou pas.


    Derrière l’exhubérance, la douceur qui se mérite

    Dubaï n’a pas besoin d’être aimée pour ce qu’elle crie mais pour ce qu’elle murmure.

    Dans le quartier historique d’Al Fahidi, le temps ralentit.
    Les murs sont patinés, les cours intérieures silencieuses, les ruelles invitent à marcher sans but précis.

    Le long de la Dubai Creek, les abra glissent doucement d’une rive à l’autre.
    Le geste est simple, presque banal, et pourtant il raconte un autre Dubaï, plus ancien, plus humain.

    Plus à l’ouest, Jumeirah offre un rythme encore différent.
    Un quartier bas, aéré, presque résidentiel.
    On longe la mer, on s’arrête sans raison, on laisse la lumière organiser la journée à notre place.

    C’est un Dubaï du quotidien, rarement montré, mais profondément apaisant.

    Ralentir à Dubaï ne signifie pas s’effacer.
    Cela demande, au contraire, une forme d’attention active.

    Il faut savoir choisir : ce que l’on traverse, ce que l’on ignore, ce que l’on regarde vraiment.
    Dubaï ne se donne pas à celles et ceux qui cherchent une émotion immédiate.
    Elle s’adresse plutôt à ceux qui acceptent de faire le tri. Non pas pour consommer moins, mais pour consommer mieux.

    Peut être qu’une ville réputée bruyante peut devenir étonnamment précise, presque élégante, dès lors qu’on cesse de la parcourir comme un catalogue.
    Dubaï n’est ni intime, ni spectaculaire par nature.
    Elle devient intéressante quand on l’aborde comme un espace à habiter, temporairement, avec discernement.

    Ce n’est pas une destination que l’on subit.
    C’est une ville que l’on compose.

    Et dans cette composition, entre lumière intense, chaleur ennivrante, logistique fluide et échappées possibles, Dubaï révèle une qualité rare :
    celle de laisser chacun décider du niveau d’intensité qu’il souhaite vivre.


    Où dormir à l’ombre des grattes-ciel

    XVA Art Hotel

    Un hôtel de charme niché dans une maison traditionnelle restaurée.
    Art, calme, cour intérieure.
    Idéal pour une famille qui cherche du sens plutôt que du spectaculaire.

    Al Seef Heritage Hotel

    Une immersion élégante dans un Dubaï ancien, réinterprété avec sobriété.
    Tout se fait à pied, l’atmosphère est paisible, presque hors du temps.

    Jumeirah Dar Al Masyaf

    Plus spacieux, très agréable en famille.
    Verdure, canaux, plage accessible.
    Le confort sans ostentation.


    Les parenthèses gourmandes

    Orfali Bros Bistro

    Cuisine sincère, créative, chaleureuse.
    Une adresse où l’on se sent divinement bien, même avec des enfants.

    SEVA

    Un lieu apaisant, végétarien, presque méditatif.
    Parfait pour ralentir, déjeuner sans agitation.

    Wild & The Moon

    Simple, lumineux, sans dogme.
    Une évidence pour des repas rapides sains et bons.

    Bait Maryam

    Une cuisine levantine chaleureuse, précise, sans folklore.
    Des plats qui racontent une histoire familiale.


    Shopping et petits caprices

    Gold & Diamond Park
    Un ensemble de joailliers indépendants, à l’écart du Gold Souk (à voir également).
    Des ateliers spécialisés dans le sur-mesure, avec des délais courts et une vraie liberté de dessin.

    Comptoir 102
    Concept-store mêlant mode, objets et café.
    Sélection resserrée, axée sur des marques confidentielles et des pièces faciles à porter au quotidien.

    The Edit Dubai
    Boutique multimarques tournée vers un vestiaire contemporain.
    Des collections en petites séries, loin des logos et des saisons trop marquées.

    Tashkeel
    Espace dédié au design et à la création locale.
    Objets, livres et éditions issus de collaborations avec des artistes et designers de la région.

    Alserkal Avenue
    Quartier créatif installé dans d’anciens entrepôts.
    Galeries, librairies et ateliers accessibles à pied, sans parcours imposé.


    Le desert et bien plus encore

    Le désert, en version contemplative, tôt le matin ou à la tombée du jour.
    Marcher, s’asseoir, regarder le paysage changer. Le silence impressionne et nourrit.

    Les traversées de la Creek en abra, simples et peu coûteuses.
    Les plages de Jumeirah en semaine, pieds nus, sans mise en scène.

    Ici, rien à réussir. Juste être là.


    Virées en villes voisines

    Et si le temps le permet, plusieurs villes voisines sont accessibles rapidement
    Des échappées simples, à la journée ou sur une courte nuit, qui apportent d’autres lectures de la région.

    Abu Dhabi
    À environ une heure de route, Abu Dhabi propose une atmosphère plus institutionnelle et plus culturelle.
    Musées, architecture contemporaine pensée pour la contemplation, espaces vastes et calmes.
    Une option idéale pour une journée structurée, plus silencieuse que Dubaï.

    Sharjah
    Encore plus proche, Sharjah offre un regard différent : plus ancré, plus local, moins mis en scène.
    On y perçoit davantage l’histoire et les traditions de la région, en marge des mondanités.

    Oman
    Si l’on dispose de davantage de temps, Oman devient une évidence.
    En moins d’une heure de vol, le paysage change radicalement : montagnes minérales, routes longues, villages sobres.
    Une extension naturelle du séjour, pour celles et ceux qui souhaitent ajouter une dimension plus brute et plus silencieuse.

    Autant de respirations possibles, sans alourdir le voyage. Dubaï n’impose rien. Elle laisse faire. Et c’est exactement ce qu’on recherche…


    Conseils Maison Chill

    Éviter Downtown pour dormir
    Downtown impressionne, mais fatigue rapidement. Pour vivre la ville avec plus de justesse, privilégier des quartiers plus horizontaux et lisibles comme Jumeirah, Al Seef ou Al Fahidi, puis traverser Downtown ponctuellement, sans s’y installer.

    Prévoir un retour au logement en milieu de journée
    L’idéal est de sortir tôt le matin, quand la lumière est encore douce et la ville plus calme, puis de rentrer se poser avant que la chaleur et le rythme ne s’intensifient. Cette respiration change totalement l’expérience : on observe mieux, on fatigue moins, et l’on ressort ensuite en fin d’après-midi avec une énergie nouvellle.

    20 janvier 2026

  • La maison imparfaite

    Je me suis déjà disputée pour une tasse oubliée dans l’évier.

    Sur le moment, cela me semblait parfaitement raisonnable. Après tout, combien de temps faut-il pour la mettre dans le lave-vaisselle ?

    Avec un peu de recul, je me suis pourtant souvent demandé comment quelque chose d’aussi insignifiant pouvait parfois prendre autant de place dans une journée.

    Parce que la tasse n’était jamais vraiment le sujet.

    J’aime les maisons qui respirent. J’aime les tables dégagées, les coussins remis en place, les fleurs fraîches dans un vase. Je suis sensible à la lumière, aux matières, aux détails qui rendent un lieu agréable à vivre.

    Et c’est peut-être justement pour cela que certaines petites choses ont parfois le pouvoir de m’agacer davantage qu’elles ne le devraient.

    Ce qui dépasse

    Une tasse oubliée.

    Une veste abandonnée sur une chaise.

    Quelques chaussures dans l’entrée.

    Rien de grave.

    Et pourtant, ces détails ont parfois le don d’attirer toute notre attention.

    C’est étrange comme nous pouvons nous habituer à ce qui va bien. Une maison chaleureuse, une journée agréable, des personnes que l’on aime, une pièce baignée de lumière. Tout cela devient rapidement le décor.

    Et puis il suffit d’une petite chose qui dépasse pour que notre regard s’y accroche.

    Comme si notre esprit était naturellement attiré par ce qui reste à corriger plutôt que par ce qui mérite déjà d’être apprécié.

    Le piège discret de la perfection

    Nous vivons à une époque où tout semble pouvoir être amélioré.

    Nos habitudes.

    Nos agendas.

    Nos carrières.

    Nos intérieurs.

    Les images que nous voyons chaque jour nous montrent des maisons impeccables, des routines parfaitement maîtrisées et des vies soigneusement organisées.

    À force, il devient facile de croire qu’il existe quelque part une version idéale de notre quotidien.

    Une version où tout serait enfin à sa place.

    Dans une maison habitée, pourtant, il reste toujours quelque chose à faire : un objet à ranger, un message auquel répondre, un rendez-vous à organiser, une lessive à lancer.

    J’ai longtemps pensé que le calme se trouvait de l’autre côté de cette liste.

    Avec le temps, j’ai compris qu’elle ne se terminait jamais vraiment.

    Une maison vivante

    Une maison n’est pas un showroom.

    C’est un lieu où les journées se déroulent, où les conversations s’étirent, où les enfants passent, où les projets s’accumulent et où la vie laisse parfois quelques traces derrière elle.

    Certaines méritent d’être rangées.

    D’autres méritent simplement d’être remises à leur juste place dans notre esprit.

    Car une tasse oubliée dans un évier n’est pas toujours une preuve de négligence.

    Pas plus qu’un coussin déplacé n’est un signe que quelque chose ne va pas.

    Ce sont parfois simplement les marques discrètes d’une maison dans laquelle on vit réellement.

    Ce qui est déjà là

    Pendant longtemps, j’ai cru que le calme venait de l’ordre.

    Aujourd’hui, je me demande s’il vient davantage de l’attention que l’on choisit de porter aux choses.

    Car il y aura toujours quelque chose à ranger, à corriger ou à améliorer.

    Nous passons beaucoup de temps à chercher ce qui pourrait être amélioré.

    C’est probablement ce qui nous fait avancer.

    Mais les choses qui donnent sa valeur à une maison ne sont pas toujours celles qui peuvent être corrigées.

    Elles sont souvent déjà là.

    Quand l’imperfection devient désirable

    Pendant des décennies, les magazines de décoration ont valorisé des intérieurs impeccables : surfaces dégagées, objets soigneusement mis en scène. La maison idéale ressemblait souvent à une maison dans laquelle personne ne vivait vraiment.

    Depuis quelques années, un mouvement inverse s’impose dans l’architecture d’intérieur, l’hôtellerie et le design. Les lieux les plus admirés ne sont plus nécessairement les plus parfaits. Ce sont souvent ceux qui paraissent personnels, habités et sincères.

    Une table marquée par le temps, une bibliothèque remplie de livres, un fauteuil patiné ou une cuisine qui semble réellement utilisée racontent quelque chose qu’aucune mise en scène ne peut reproduire : une histoire.

    Les designers parlent parfois de lived-in interiors des espaces qui ne cherchent pas à être irréprochables, mais à refléter la vie de ceux qui les habitent.

    À une époque où tout semble pouvoir être optimisé, cette vision rappelle une idée simple : le caractère naît souvent de ce qui échappe à la perfection.

    7 janvier 2026

Retour à l'accueil